Compte rendu n°1 des auditeurs de la 21° SMHES
Le nouveau cru de la FMES est (enfin) arrivé. La 21ème session a commencé tambours battants son cycle de formation aux hautes études stratégiques le 13 octobre 2010.
Le cadre agréable du château de Cadarache et l’accueil chaleureux de l’équipe de la FMES ont permis aux nouveaux auditeurs de faire connaissance dans une très bonne ambiance et de se sentir à l’aise très rapidement.
La première demi journée fut consacrée aux différentes présentations de début de session. La FMES et les objectifs de cette année d'« études » ont clairement été introduits, précisant les attendus de la fondation envers les auditeurs. Une exposition rapide de chaque carrière individuelle a permis de se rendre compte de la richesse de chaque parcours professionnel, ce qui ne manquera pas d’apporter des points de vue différents à nos nombreuses réflexions et discussions. Cela fut vérifié dès la première conférence de présentation du thème d’étude, le développement durable, qui provoqua de nombreuses questions qui furent poursuivies lors du dîner.
Réveil à l’aube pour la deuxième journée où un bus de la base aérienne d’ISTRES nous attendait pour un transit vers la plaine de la Crau où une découverte du milieu aéronautique nous était proposée. Tout d’abord, la visite des installations des essais en vol de Dassault nous a permis de comprendre la complexité de la mise en œuvre d’un système d’armes moderne et de toucher du doigt ce qui se faisait de mieux à la fois dans l’aviation d’affaires, avec le Falcon 7x, mais aussi dans l’aviation de combat avec le fleuron des armées françaises, le Rafale. L’avenir du combat aérien au dessus des théâtres de demain n’a pas été oublié avec la présentation du programme européen Neuron, démonstrateur de drone de combat. Après un trop rapide (excellent) déjeuner mené au pas de course, le bus nous emmena dans les installations du Groupe de ravitaillement en vol où les missions de l’Armée de l’air nous ont été exposées. La présentation faite par le COL Vinchon, commandant la base aérienne d’Istres, a mis en exergue les nombreux moyens aérospatiaux mis en œuvre par les aviateurs afin d’assurer H24 la posture permanente de sureté du ciel français et la dissuasion nucléaire aéroportée française tout en participant aux opérations en Afghanistan et aux quatre coins du globe. La fin de la visite fut consacrée, sur les parkings, aux aéronefs participant aux missions du Commandement des forces aériennes stratégiques, à savoir l’avion ravitailleur KC135 et le Mirage 2000N. Le retour vers Cadarache, pourtant en toute fin d’après-midi, ne marqua pas la fin de la journée pour ces auditeurs très studieux. En effet, après un non moins nécessaire dîner, les premiers travaux de comité nous attendaient. Il faut reconnaître, qu’après une journée déjà bien remplie, les esprits n’étaient plus très vifs en fin de soirée, la fatigue se faisait déjà sentir. Des idées intéressantes que ce soit sur le thème de réflexion de notre session comme sur l’organisation des deux groupes (forum, création de blog pour échanger les idées que nous aurons tout au long de l’année) ont néanmoins marqué cet échange convivial. Un FINEX vers 23h00 marqua l’arrivée d’une nuit bien méritée.
La troisième journée commença par une impressionnante visite des installations du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) de Cadarache qui regroupent plus de 6000 personnes. Après une première mise en bouche au sein de la Direction de la propulsion nucléaire où une visite très intéressante sur le chantier du Réacteur d’essai de la propulsion nucléaire (RES) nous a permis d’ausculter sous toutes ses coutures ce bâtiment hors norme et de comprendre tous les enjeux qui sont associés à ce projet de recherche (qualification des combustibles nucléaires et des cœurs des chaufferies nucléaires de propulsion navale, validation des codes de calcul, mise au point et qualification des innovations technologiques pour les futurs sous-marins d’attaque de type Barracuda), le directeur du centre de Cadarache, Monsieur Mazière, présenta les différentes missions du CEA en insistant plus particulièrement sur les enjeux de recherche sur la biologie végétale, les nouvelles technologies de l’énergie, de la fission et de la fusion nucléaire. En effet, les recherches des biologistes du CEA portent sur la compréhension des mécanismes d’adaptation mis en place par les végétaux, les microalgues et les bactéries dans des conditions environnementales très variées, comme la pollution ou le manque d’eau par exemple. Le centre de Cadarache est également impliqué dans les recherches sur l’hydrogène, la production de carburants de synthèse et le solaire. La recherche dans la fission nucléaire permet quant à elle d’envisager d’augmenter la productivité des réacteurs nucléaires d’aujourd’hui et vise à intégrer le nucléaire dans une logique de développement durable. Les générateurs de quatrième génération, qui seront mis en service dans une quarantaine d’années, permettront une consommation de matière fissile cent fois moindre que ceux de la génération précédente, en cours de construction actuellement comme l’European pressurised reactor (EPR).
Le site de Cadarache s’intéresse également à la science qui vise à reproduire sur terre l’énergie des étoiles, la fusion nucléaire : lorsque la matière atteint des températures et des densités très élevées, comme au cœur du soleil, les atomes d’hydrogène fusionnent et libèrent une importante quantité d’énergie. Pour cela, il faut atteindre et maintenir des températures de l’ordre de 100 millions de degrés tout en étant capable d’isoler de la machine, le plasma ou gaz ionisé, par des puissants aimants : c’est ce qu’on appelle la configuration tokamak. Les recherches sur la fusion à Cadarache s’effectuent actuellement dans l’installation TORE SUPRA, tokamak à aimant supraconducteur, que nous avons visité avec grand intérêt et attention. A partir de 2018, elles seront également effectuées dans le réacteur international ITER, projet dans lequel près de 29 nationalités coopèrent.
L’après-midi de cette troisième journée fut consacré à la présentation du Livre blanc sur la sécurité et la défense de la France. Le directeur des études de la FMES a remplacé au pied levé le conférencier bloqué dans les transports en raison des mouvements sociaux. Compte tenu de ses très larges connaissances et des différentes fonctions qu’il a pu tenir tout au long de sa carrière au sein de l’Armée de terre, il a pu sans difficulté nous expliquer les enjeux de la politique de sécurité et de défense de notre pays et répondre facilement à nos interrogations. Le support Power Point présenté a semblé quelque peu inadapté à une partie de l’auditoire car peut être trop détaillé pour ceux d’entre nous qui n’étaient pas déjà sensibilisés à ce thème. Une fiche de conférence exposera plus précisément les points abordés lors de cette présentation.
La fin de la journée fut consacrée au transit vers la ville de Toulon où une soirée de repos fut grandement appréciée par l’ensemble des auditeurs après ce début de séminaire très intéressant mais dense.
La dernière matinée vit l’arrivée dans notre groupe de deux auditeurs supplémentaires avec qui nous pourrons faire plus amples connaissances lors du prochain séminaire. La session est maintenant à 24 auditeurs avec les 2 comités à 12.
L'Amiral (2s) Jacques LANXADE
Le point d’orgue de cette matinée fut la conférence de l’Amiral (2S) Lanxade, ancien chef d’état-major des armées (CEMA) et ambassadeur de France en Tunisie, sur la géopolitique de l’espace euro méditerranéen. Le nombre important de questions posées montra l’attention et l’intérêt que l’auditeur suscita. Si nous devions garder à l’esprit les trois grands enjeux stratégiques de cette région, il faudrait retenir : la nécessaire stabilité de cet espace maritime, une résolution indispensable des crises en cours, une accélération de la réduction de la fracture économique et sociale entre le Nord et le Sud. Cette conférence a permis de fixer clairement les contours de notre réflexion.
Pour finir ce séminaire d’entrée, un coquetel nous fut proposé afin de pouvoir faire connaissance avec les nouveaux arrivants et continuer à converser autour d’un verre de l’amitié.
Pour conclure, le point principal à souligner est l’ambiance amicale qui se dégage déjà de cette session. D’autre part, l’accueil et l’attention chaleureuse des cadres de la FMES, témoignés tout au long de ces quelques jours passés ensemble, laissent présager une excellente année de découverte et de réflexions fructueuses.
Je pense également pouvoir me faire le porte-parole des auditeurs de la 21è SMHES et remercier, en leur nom, l’ensemble des intervenants pour leur gentillesse, leur disponibilité et la qualité de leurs présentations. Nous sommes impatients de nous retrouver le mois prochain pour poursuivre la suite de notre étude.
Willy BENOIT
