Tunisie: quotidien Le Temps du 4 février
L'article L'état d'urgence, bientôt levé annonce la levée de l'état d'urgence qui était en vigueur en Algérie depuis 1992. Un groupe de députés qui comprenait des élus favorables au pouvoir avait déposé une proposition de loi en faveur de la levée de l'état d'urgence. Par ailleurs, le Président Bouteflika a demandé à son gouvernement de mettre en place des mesures favorisant la création d'emplois et le libre accès des partis politiques d'opposition aux antennes de radio et de télévision. Les manifestations seront aussi autorisées sauf dans la wilaya d'Alger, ce qui devrait maintenir interdite la manifestation du 12 février.
Liban: quotidien L'Orient-Le Jour du 4 février
Dans l'article Bouteflika: L'état d'urgence bientôt levé en Algérie, plus de détails sont donnés sur cette mesure. En effet, le chef de l'Etat algérien a aussi demandé à son gouvernement de proposer des projets de lois qui permettront de "poursuivre la lutte antiterroriste" et "avec la même efficacité". L'état d'urgence instauré en 1992 après l'annulation par l'armée du second tour des élections législatives que le Front Islamique du Salut (FIS) avait remporté, a été maintenu jusqu'à aujourd'hui. Il avait été justifié dans les années 1990 par la lutte contre les islamistes et récemment, par la lutte contre Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI). M. Bouteflika ayant appelé à établir des mesures favorables à la création d'emploi, le présent article nous informe qu'étant riche en hydrocarbures, l'Algérie devrait disposer des moyens nécessaires au financement de mesures permettant l'apaisement social.
L'article Sous la pression de la rue, certains dirigeants arabes commencent à lâcher du lest montre que ce mouvement de réformes n'est pas symptomatique de la seule Algérie mais a lieu dans tous les régimes autoritaires de la région arabe qui ont peur de perdre le contrôle de la situation. Ainsi, le président du Yémen, Ali Abdallah Saleh a renoncé à briguer un nouveau mandat. En Jordanie, le roi Abdallah II a changé de Premier ministre, suivant ainsi les revendications des manifestants jordaniens. Le président syrien, Bachar al-Assad a, quant à lui, promis de "poursuivre le changement au niveau de l'Etat et des institutions" tandis qu'au Maroc, les autorités se sont engagées à maintenir les subventions sur les produits de base. Cependant, selon l'auteur de l'article, un écrasement des soulèvements en Egypte pourrait retourner la situation et provoquer un durcissement de ces régimes. Le cas égyptien sert donc de test pour les autres Etats arabes de la région. Selon Sophie Pommier, chargée de cours à l'IEP de Paris, deux exemples ont été donnés aux dirigeants arabes. Ainsi, les dirigeants tunisiens ont très vite abandonné le pouvoir tandis que les autorités égyptiennes ont accordé de fausses réformes. Certains Etats pourraient aussi choisir d'utiliser une répression très forte pour sortir d'une crise politique. Cependant, Zia Majed, chargé de cours sur le Moyen-Orient contemporain à l'Université américaine de Paris, pense que ce mouvement de démocratisation est irréversible.
Algérie: quotidien El Watan du 4 février
L'article Des décisions pour tenter de désamorcer les colères relate les différentes mesures prises par le gouvernement algérien pour apaiser les tensions sociales en Algérie. Des actions ont été entreprises pour favoriser la création d'emplois comme des mesures incitatives au recrutement des jeunes demandeurs d'emplois et des incitations à la création de petites et moyennes entreprises. Des mesures ont aussi été prises en faveur du logement et des prestations du service public. Le gouvernement veut aussi favoriser le pouvoir d'achat en stabilisant les prix des produits de base et en encourageant le développement de la production agricole et agroalimentaire locales.
Dans l'article L'Occident a appuyé tous les dictateurs des pays arabes, l'historien libanais Massoud Daher qui enseigne à l'Univesité de Beyrouth, établit une critique de la politique occidentale au Moyen-Orient. Selon lui, le Moyen-Orient auraient plus de liens culturels avec l'Asie mais ceux-ci ont été distendus au profit de relations strictement économiques. Les pays arabes auraient tout à gagner à établir des relations durables avec l'Asie et à profiter de son développement. Cette coopération ne pourrait être rendue possible qu'en développant une démarche unie des pays arabes. Ce manque d'unité serait imputable à la politique occidentale dans le monde arabo-musulman qui traiterait les pays arabes de façon condescendante et qui soutiendrait les dictatures arabes. Par ailleurs, les pays occidentaux vendent de l'armement que les pays arabes n'utilisent pas et exploitent les hydrocarbures des pays arabes. Ces derniers n'ont pas utilisé leur rente pour développer un tissu productif performant. Selon Massoud Saher, le monde arabe devrait donc se tourner vers l'Asie et profiter de la technologie asiatique.
Revue de presse réalisée par Alexandre Merheb, étudiant en Master 2 de l'Institut d'Etudes Politiques d'Aix-en-Provence (IEP), stagiaire à la Fondation Méditerranéenne d'Etudes Stratégiques.
