Documentation > Conflits et crises > Actualité au Maghreb et au Machrek du 17 février: Manifestation dans le monde musulman et tension grandissante entre le Liban et Israël
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Publié le 18-02-2011. Auteur : Alexandre Merheb.

 

Liban: quotidien L'Orient-Le Jour du 17 février:

 

L'article "Lieberman: Deux navires de guerre iraniens en Méditerranée en route vers la Syrie" nous révéle que l'Iran aurait envoyé deux navires de guerre en Méditerranée par le canal de Suez pour se rendre en Syrie. L'Autorité du canal de Suez affirme qu'elle n'a reçu aucune notification du passage de ces navires et qu'elle autorisait des navires de toute nationalité à passer le canal à partir du moment où ils n'appartenaient pas à un pays en guerre avec l'Egypte. Si cette information du passage des deux navires iraniens par le canal de Suez venait à être confirmée, cela serait la première fois depuis 1979 que des bâtiments de guerre iraniens étaient amenés à traverser ce canal. Il s'agirait d'une frégate de classe MK-5, équipée de missiles sol-mer et d'un bâtiment d'appui de classe Kharg. Le porte-avion américain USS Enterprise avait traversé le canal mercredi dans le cadre d'une opération de soutien en Afghanistan. Les Américains ont déclaré qu'ils surveillaient les deux navires. Malgré cela, M. Lieberman, allié du gouvernement Netanyahu et chef du parti d'extrême droite Israël Beiteinou, déplore le manque de soutien de la communauté internationale, en faisant allusion notamment à la visite du président Mahmoud Ahmadinejad au sud du Liban. Par ailleurs, une vidéo se déroulant lors de la soirée d'adieu du chef d'état-major sortant israélien, le général Gaby Ashkenazi, tendrait à confimer l'implication d'Israël dans la destruction du réacteur nucléaire secret syrien d'al-Kibar en septembre 2007 ainsi que dans l'attaque du programme nucléaire iranien par le virus informatique Stuxnet. L'armée israélienne a refusé tout commentaire. Selon une note diplomatique révélée par Wikileaks, Israël aurait détruit ce réacteur quelques semaines avant qu'il ne devienne opérationnelle. En outre, l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) a déclaré que la Syrie envisageait de construire sa première centrale nucléaire d'ici à 2020 pour faire face à l'augmentation de ses besoins en électricité. Cependant, l'agence onusienne ne sait pas si la Syrie envisageait de produire son propre combustible.

 

Dans l'article Nasrallah: "Si Israël attaque le Liban, les moujahidine pourraient recevoir l'ordre de libérer la Galilée", le quotidien libanais nous apprend qu'en réponse au ministre de la Défense israélien Ehud Barak qui avait demandé à ses troupes à se tenir prêtes car elles pourraient être amenées à occuper de nouveau le Liban, le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah a affirmé que si jamais Israël attaquait de nouveau le Liban, les moujahidine pourraient être amenés à occuper la Galilée. Son discours se divisait en deux parties: l'une concernant le conflit avec Israël et la seconde consacrée au dossier libanais. Le Hezbollah a notamment déclaré qu'il vengerait la mort de son chef militaire Imad Moghnié tué en Syrie. Le leader du mouvement chiite a aussi déclaré que son organisation n'est qu'une partie des forces contre Israël et que ces forces sont dans une situation de légitime défense face à l'aggression commise par l'Etat hébreu. Il a aussi demandé aux Etats-Unis d'arrêter de classifier leurs alliés en fonction des intérêts d'Israël sans même se soucier du sort de leurs populations. Il a aussi rappelé que Hosni Moubarak, l'ancien président égyptien avait encouragé l'offensive israélienne de 2006 au sud-Liban. Toujours selon M. Nasrallah, le départ de l'ancien dirigeant égyptien sera suivi de celui d'autres dirigeants arabes ce qui aura des conséquences sur Israël et le système américain. Concernant le dossier libanais, Hassan Nasrallah a déclaré que le Hezbollah refuserait de déposer ses armes comme le lui demandait le mouvement du 14 Mars. Il a rappelé concernant le Tribunal Spécial au Liban enquêtant sur l'assassinat de l'ancien Premier Ministre Rafik Hariri, que bien que tout le monde veuille la justice sur ce dossier, le TSL est un tribunal partial et que le Hezbollah n'avait accepté sa création seulement par égard au climat de l'époque. Le leader chiite accuse aussi l'opposition de monter l'Occident contre le nouveau gouvernement et de s'enfermer dans le système américain. Il déclare aussi qu'il est injuste d'empêcher le nouveau gouvernement de travailler alors que l'opposition avait eu plus d'un an pour le faire et s'était totalement déconnectée des besoins de son peuple, notamment en liant "le sort du Liban au projet américain dans la région."

 

L'article "Netanyahu rejette les menaces de Nasrallah: "Quiconque se terre dans un bunker doit rester dans son bunker"" montre la réaction du premier ministre israélien Netanyahu à la menace brandie par le Hezbollah. Le chef de gouvernement israélien s'est montré confiant dans la capacité d'Israël de l'emporter sur le mouvement chiite.

 

L'article "Benghazi, la frondeuse se réveille" fait état de la répression d'un sit-in contre le pouvoir ayant eu lieu à Benghazi, bastion des opposants du régime et deuxième plus grande ville du régime. Les affrontements auraient fait 38 blessés. Les manifestants, qualifiés de "saboteurs" par le quotidien libyen Quryna se seraient rassemblés pour réclamer la libération d'un avocat représentant les familles de prisonniers tués en 1996 dans une fusillade dans la prison d'Abou Salim à Tripoli et qui avait fait plus de 1 000 morts. Malgré sa remise en liberté, les manifestants auxquels se seraient joints des personnes munies d'armes blanches et de cocktails Molotov, auraient incendié et endommagé des voitures, jeté des pierres et bloqué les routes. Les associations pro-Kadhafi ont organisé une contre-manifestation ce qui a provoqué des heurts entre les deux camps. Selon la télévision d'Etat, al-Jamahiriya, des centaines de manifestants pro-régime ont ensuite défilé à Benghazi, Syrte, Sebha et Tripoli. Ces manifestations ont eu lieu avant une journée de colère qui était prévue jeudi. Une pétition a aussi été remise à l'AFP lundi, dans laquelle plus de 200 signataires et des organisations d'opposition libyennes basées à l'étranger soutiennent les révoltes et demandent au général Kadhafi de quitter le pouvoir. L'UE a appelé au respect de la liberté d'expression. La Libye a aussi libéré 110 islamistes du Groupe islamiste de combat libyen (GICL) dont trois sont des dirigeants de ce groupuscule, portant ainsi à plus de 360 le nombre total des "prisonniers politiques" relâchés depuis mars. 250 des 360 hommes libérés depuis mars sont des islamistes de différents groupes, dont une quarantaine appartenant au GICL.

 

L'article "Violentes manifestations à Aden et Sanaa": deux morts mentionne les heurts ayant eu lieu sur une place servant de gare routière à Aden entre protestaires et forces de sécurité durant lesquels deux manifestants ont été tués et deux autres blessés. Les manifestants avaient pris d'assaut le siège de la municipalité dans le quartier de Mansoura et mis le feu à quatre voitures avant d'attaquer un poste de police à coups de pierres. Des centaines de fonctionnaires ont poursuivi une manifestation lancée dimanche, réclamant le départ de leurs direceurs et une hausse des salaires. A Sanaa, des centaines d'étudiants ont tenté, pour la quatrième journée consécutive, de prendre d'assaut le palais présidentiel mais on été pourchassés par des partisans du chef de l'Etat qui étaient armés de gourdins, de poignards et de pierres. Les manifestants ont riposté en leur lançant des pierres avant que la police ne disperse les deux camps en tirant des coups de feu en l'air. Au moins dix étudiants auraient été blessés. La veille, quelques 3 000 manifestants avaient déjà tenté la même action avant d'être brutalement dispersés par les partisans du Congrès populaire général (CPG, parti du président Saleh) en blessant trois manifestants. Des centaines de juges se sont aussi réunis dans la même ville pour réclamer l'indépendance du pouvoir judiciaire, la démission des membres du Conseil supérieur judiciaire et des hausses de leurs salaires. Diverses manifestations sont organisées chaque jour par les étudiants et par différentes composantes de la société civile même si l'opposition est restée à l'écart puisqu'elle a décidé de reprendre le dialogue avec le régime.


Tunisie: quotidien Le Temps du 17 février:

 

L'article "Intimidations et menaces contre l'opposition" nous apprend que le pouvoir iranien prévoit d'organiser une manifestation de "haine et de colère" demain contre les chefs d'opposition Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi ainsi que contre les Moujahidine du peuple, principal mouvement de lutte armée contre le régime. A l'appel des deux leaders d'opposition, des milliers d'opposants se sont rassemblés lundi pour la première fois depuis un an, alors que les autorités avaient interdit tout rassemblement. Lors des manifestations, deux personnes ont été tuées par balle et plusieurs autre blessées alors que le pouvoir et l'opposition se rejettent mutuellement la responsabilité de ces exactions. Les forces de l'ordre avaient aussi arrêté de nombreux opposants. Les funérailles d'une des deux victimes ont aussi donné lieu à des débordements. Des appels à un procès et à un "châtiment sévère" de MM. Moussavi et Karoubi se sont multipliés, notamment au Parlement. A Qom, des milliers de personnes se sont rassemblés, en appelant à leur pendaison. Malgré ces différentes menaces, les deux leaders d'opposition placés de facto en résidence surveillée, appellent à la poursuite des manifestations.

 

Dans l'article "Un cousin d'al-Assad appelle à des réformes", il est fait état de la déclaration de Ribal al-Assad, cousin et opposant en exil du président syrien Bachar al-Assad, sur le risque que court le pouvoir syrien d'être renversé si le régime ne se réforme pas. Bien qu'il y aient des ouvertures notamment concernant le libre accès depuis 2007 aux sites Facebook et Youtube, il reste beaucoup de chemin à faire selon lui.

 

Dans l'article "Obama aux dirigeants arabes: "Prenez l'exemple sur l'Egypte plutôt que sur l'Iran", le président américain Obama a mis en garde ses alliés du monde arabe face au risque de renversement auxquels ils sont soumis s'ils ne respectaient pas la volonté de démocratisation de leur peuple. A l'heure de la révolution des technologies que le monde traverse, il n'est plus possible d'écraser des mouvements protestaires pacifiques dans le sang, sans que cela se sache. Depuis la démission de M. Moubarak, des manifestations ont eu lieu en Algérie, au Yémen et à Bahreïn. Par ailleurs, le chef d'Etat américain a critiqué la célébration des événements en Egypte par le pouvoir iranien alors que les dirigeants iraniens ont fait exactement le contraire, en réprimant avec violence les manifestations pacifiques ayant lieu dans leur pays. Il a aussi encouragé les manifestants iraniens à continuer leur action. Par ailleurs, selon lui, l'évolution démocratique ayant lieu dans la région fait contre-poids aux terroristes qui déclarent que seule la violence armée peut mener au changement politique.

 

Revue de presse réalisée par Alexandre Merheb, étudiant en Master 2 de l'Institut d'Etudes Politiques d'Aix-en-Provence (IEP), stagiaire à la Fondation Méditerranéenne d'Etudes Stratégiques.

 

 
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