Algérie: quotidien El Watan du 18 février:
L'article "Libye: "Le jeudi de la colère" fait au moins 6 morts" fait état des manifestations ayant eu lieu suite à l'appel lancé sur Facebook, qui ont donné lieu à des affrontements violents où 6 manifestants ont trouvé la mort et 35 autres ont été blessés selon les sites Al Youm et Al-Manara. Des avocats ont également manifesté en réclamant une Constitution pour le pays. D'autres manifestations violentes ont éclaté à Zenten où de nombreux protestataires, dont deux tunisiens, ont été arrêtés. Les manifestants ont incendié un poste de police, le tribunal de la ville, les postes de la sécurité intérieure et de la garde populaire, ainsi qu'un local des comités révolutionnaires, épine dorsale du régime selon le site internet du quotidien libyen Qryna. Il n'y aurait pas eu de mort dans la région et aucune information n'a été donnée sur le nombre de blessés. Le ministère de l'Intérieur a aussi limogé jeudi, un haut reponsable local des services de sécurité suite à la mort de deux manifestants à Al Baïda, mercredi. Plusieurs véhicules de police et voitures particulières ont été incendiés par la foule. La contestation contre le régime du chef d'Etat Kadhafi avait débuté mardi à Bengazi et avait fait 38 blessés. Jusqu'à présent, aucune manifestation contre le régime n'a eu lieu à Tripoli qui connaît au contraire des manifestations de soutien au colonel Kadhafi, au pouvoir en Libye depuis près de 42 ans. .
Liban: quotidien L'Orient-Le Jour du 18 février:
Dans l'article Bahreïn choisit la force face aux manifestants, il est fait mention de la répression violente des manifestations de protestataires chiites. L'armée a déployé jeudi, à Manama, des véhicules blindés dans les parties stratégiques de la ville et a demandé aux habitants d'éviter de se rassembler aux "endroits sensibles". Ce déploiement est intervenu après que les forces de sécurité aient, dans la nuit de mercredi et jeudi, évacué de manière musclée des milliers de protestataires chiites présents pour protester contre une monarchie majoritairement sunnite et qui campaient place de la Perle. L'armée aurait alors utilisé des gaz lacrymogènes et selon l'opposition, des balles en caoutchouc ainsi que des balles à fragmentations. Trois personnes ont été tuées et 195 autres blessées. Ces nouveaux décès portent à cinq le nombre de morts depuis le début de la contestation. C'est ainsi la première fois dans une monarchie du Golfe que se déroule une manifestation de cette ampleur pour réclamer des réformes politiques. Le ministre bahreïni des Affaires étrangères, le cheikh Khaled ben Ahmad al-Thani, a justifié la répression par le fait qu'il était nécessaire d'empêcher un "conflit confessionnel et une crise économique". Cette répression a poussé le principal mouvement de l'opposition du Parlement, al-Wefaq, chiite (18 des 40 sièges) à se retirer en exigeant la démission du gouvernement et des réformes politiques qui consacrent l'alternance au pouvoir. Par ailleurs, les alliés régionaux du Bahreïn ont tenu une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères à Manama où ils ont apporté leur soutien sur les plans politique, économique, sécuritaire et de défense au régime en place, tout en condamnant les ingérences étrangères, selon un communiqué des ministres du Conseil de coopération du Golfe (Bahreïn, Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis , Oman, Qatar et Koweït). En outre, Bahreïn est un pays stratégique pour les Etats-Unis puisqu'il abrite le siège de la Vème flotte américaine et est aussi le port d'attache des navires de guerre américains en mission dans le Golfe. Ainsi, le président américain Obama s'est dit opposé à l'usage de la violence contre les manifestants, alors que la Secrétaire d'Etat Clinton a déclaré que les auteurs de violence devaient en être tenus responsables. Il est aussi à noter que le secrétaire à la Défense Robert Gates s'est entretenu avec son homologue bahreïni par téléphone. L'UE a aussi condamné les violences tandis que l'Iran qui se sent proche de la population bahreïnie, majoritairement chiite, a demandé au pouvoir de "tenir compte des demandes de la population". Londres s'est engagée, quant à elle, à réexaminer ses licences d'exportation d'armes vers ce pays et de les annuler si elles ne répondaient plus aux critères définis par le Royaume-Uni. En outre, l'agence de notation Fitch a décidé suite aux tensions dans ce pays, de placer sous surveillance négative la note "A" de Bahreïn.
L'article "Un mort et 35 blessés lors de protestations contre Saleh", mentionne la suite des manifestations au Yémen où un manifestant a été tué et dix autres blessés par des tirs de police à Aden. La tension restait vive dans la soirée où des tirs ont été entendus dans plusieurs quartiers de la ville. Des centaines de manifestants avaient défilé jusque dans la nuit malgré le déploiement d'unités de l'armée. Ils avaient tenté de prendre d'assaut le poste de police, la prison du quartier de Mansoura et attaqué trois hôtels ainsi que des commerces tout en bloquant la circulation en incendiant des pneus à Khor Maksar. Dans la capitale Sanaa, 2 000 manifestants ont été attaqués dès leur sortie du campus après le 5ème jour de contestation, par des partisans du régime armés de gourdins et de pierres. Quinze manifestants ont été blessés ainsi que dix partisans du régime qui auraient aussi tiré à balles réelles. Un photographe de l'AFP aurait été blessé à la tête par une pierre et un vidéaste de l'AFP aurait été frappé par des partisans du régime. Dans la ville de Taez, des centaines de jeunes manifestants poursuivaient leur 6ème jour consécutif de protestation au carrefour rebaptisé "place de la Liberté. A Ebb, des centaines de manifestants ont protesté contre le régime. Par ailleurs, des milliers de partisans du Mouvement sudiste ont marché dans d'autres villes pour réclamer la sécession en brandissant les drapeaux de l'ex-Yémen du Sud qui était indépendant jusqu'en 1990. L'Union européenne a exhorté le Yémen à dialoguer avec les manifestants tout en s'abstenant de recourir à la force. La France a déploré, "l'usage excessif" de celle-ci.
L'article "Le régime iranien accuse les leaders de l'opposition de "trahison"" nous révèle qu'un nouveau rassemblement est programmé ce dimanche, par les réformateurs alors que des manifestations de la colère auront lieu aujourd'hui à l'appel des autorités. Par ailleurs, un proche de M. Karoubi, une des deux principales figures l'opposition, a affirmé sur sa page Facebook, qu'il avait réussi à joindre le leader de l'opposition et que celui-ci était prêt à être jugé publiquement pour se défendre face aux accusations du pouvoir. L'ayatollah Larijani, chef de la justice, a dit que le pouvoir "allait empêcher les chefs de la sédition de publier des déclarations" en les accusant d'être "soutenus par les sionistes, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne". En effet, MM. Moussavi et Karoubi publient régulièrement des déclarations par le biais notamment de leurs sites Internet. Ils ont notamment rédigé un communiqué du "Conseil pour la coordination de la voie verte de l'espoir" dans lequel ils déclarent vouloir lancer une nouvelle manifestation dimanche en "mémoire" des deux jeunes tués lors des rassemblements antigouvernementaux. Cependant, des responsables conservateurs modérés se sont joints aux appels lancés par le régime pour agir contre les chefs de l'opposition bien qu'ils n'aient jamais caché leur hostilité au gouvernement en place. Depuis le début des manifestations dans le monde arabe, le pouvoir iranien et l'opposition se disputent la paternité de ces soulèvements, le pouvoir déclarant qu'il s'agit d'un "réveil islamique" reproduisant la révolution iranienne de 1979 alors que l'opposition pense que ces mouvements sont semblables aux manifestations démocratiques de 2009 après la réeélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad à la présidence.
Revue de presse réalisée par Alexandre Merheb, étudiant en Master 2 de l'Institut d'Etudes Politiques d'Aix-en-Provence (IEP), stagiaire à la Fondation Méditerranéenne d'Etudes Stratégiques.
