Liban: quotidien L'Orient-Le Jour du 22 février:
L'article "La Libye sombre dans l'anarchie" fait état de la répression meurtrière qui a lieu en Libye au lendemain de la mise en garde du fils de Mouammar Kadhafi, Seif el-Islam qui a déclaré qu'il y aurait un "bain de sang" parmi les manifestants. Hier, une opération des forces de sécurité a eu lieu et a fait plusieurs morts. Des hommes armés auraient tiré sans distinction. Selon un témoin de Tajoura, des hélicoptères auraient déposé des mercenaires africains qui auraient tiré sur les passants. Selon la chaîne d'informations al-Arabiya, l'aviation aurait bombardé les quartiers de Fachloum et Tajoura faisant un grand nombre de morts et aurait reçu l'ordre par le leader libyen, de bombarder Benghazi. Cependant, Seif el-Islam a démenti cette information en déclarant que l'aviation aurait bombardé des dépôts d'armes situés loin des zones urbaines et non les villes de Tripoli et de Benghazi. Cette répression fait suite au mouvement de contestation qui a débuté le 15 février et qui aurait déjà fait 233 morts depuis le début de la contestation alors que la Fédération internationale des ligues de droits de l'homme (FIDH) fait état d'un bilan de 300 à 400 morts. La contestation a aussi touché la capitale du pays, Tripoli où des postes de police, la Salle du peuple et le ministère de l'Intérieur ont été incendiés. Les communications téléphoniques et l'accès à Internet étaient toujours perturbés. Par ailleurs, un influent théologien musulman, cheikh Youssef al-Qardaoui, a lancé une fatwa dans laquelle il appelle l'armée à ne pas obéir à Mouammar Kadhafi et à le tuer. Il a aussi recommandé aux ambassadeurs de se dissocier du régime. Plusieurs dirigeants libyens ont déjà fait défection comme le ministre de la Justice, Moustapha Abdel Jalil, plusieurs diplomates libyens en poste à l'étranger, mais aussi des pilotes de deux Mirage F1 qui avait reçu l'ordre de tirer sur les manifestants de Benghazi et qui ont finalement atterri à Malte. Seif el-Islam pour tenter de calmer les protestations, a annoncé la création d'une comission d'enquête sur les circonstances et les événements qui ont fait plusieurs victimes, présidée par un juge libyen et qui sera composée d'organisations libyennes et étrangères de droits de l'homme. Il a aussi dénoncé un complot venant de l'étranger, qui incorporerait des libyens ainsi que des étrangers, notamment tunisiens et égyptiens et dont le but serait d'instaurer un régime islamiste en Libye. Benghazi et Al-Baïda seraient, selon lui, en proie à de violents combats, les émeutiers s'étant emparés de matériels militaires, notamment des chars à Benghazi. D'après FIDH, plusieurs villes, dont Benghazi, seraient tombées entre les mains des manifestants suite à des défections au sein de l'armée. L'Egypte a annoncé que deux de ses ressortissants avaient été tués et que 4 000 autres avaient fui le pays. De nombreux pays européens ont aussi organisé l'évacuation de leurs ressortissants. La Chine a demandé à ses hommes d'affaires de différer leurs déplacements dans ce pays et aux entreprises chinoises de prendre leurs précautions. Les Etats-Unis ont organisé l'évacuation de leur personnel diplomatique non essentiel. La Russie était quant à elle, en train de préparer l'évacuation de ses ressortissants. Le chef d'Etat libyen est intervenu tard dans la nuit, démentant ainsi, une information du chef de la diplomatie britannique, William Hague qui avait déclaré qu'il avait trouvé refuge au Vénézuéla. Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon a appelé le dirigeant libyen pour essayer de le convaincre d'arrêter la répression. Une déclaration commune des 27 membres de l'UE la condamne, de même que le secrétaire général de l'OTAN et la chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton.
Dans l'article "A Bahreïn, les manifestants veulent le départs des al-Khalifa", il est fait mention de la préparation d'une grande marche aujourd'hui à Manama. En outre, le bilan de la répression s'est alourdi de sept morts. La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a déclaré que celle-ci était inacceptable. Le chef d'état-major interarmées américain, l'amiral Mike Mullen, a affirmé que l'Iran provoquait l'instabilité dans le Golfe bien que ce pays n'agisse pas à Bahreïn où les manifestations seraient un problème seulement interne. Le ministre saoudien de l'Intérieur, le prince Nayef ben Abdel Aziz a apporté son soutien au roi du Bahreïn, Hamad ben Issa al-Khalifa. L'opposition quant à elle, poursuivait ses concertations sur l'offre de dialogue émanant du pouvoir, tout en préparant une marche devant se dérouler aujourd'hui et qui compterait 100 000 participants. Avant toute négociation, elle réclame la démission du gouvernement. Par ailleurs, elle déclare ne pas vouloir changer de régime mais l'instauration d'une monarchie constitutionnelle. Le prince héritier, cheikh Salmane ben Hamad al-Khalifa s'est engagé à des "réformes réelles, et non de façade". Les manifestants de la place de la Perle ont radicalisé leur demande puisqu'ils demandent le départ de la dynastie des al-Khalifa. En effet, ceux-ci comptent de nombreux jeunes exaspérés par la répression meurtrière du mouvement. A l'opposé, des milliers de Bahreïnis partisans du régime, se sont rassemblés hier soir à Manama. En outre, l'opposant chiite Hassan Machaimaa, actuellement jugé par coutumance pour terrorisme, a annoncé à l'AFP depuis Londres où il s'était rendu pour soigner un cancer, qu'il rentrerait à Bahreïn dans la soirée sans être certain de ne pas être arrêté une fois arrivé dans son pays. Secrétaire général du Haq, Mouvement des libertés et de la démocratie (MLD), il est jugé de même que 24 autres personnes pour actes de terrorisme, dont le procès s'était ouvert fin octobre. En parallèle, le roi de Bahreïn a libéré de nombreux prisonniers chiites et a sursis aux poursuites judiciaires contre d'autres prisonniers, satisfaisant ainsi une des demandes de l'opposition.
L'article "Les zaïdites réclament à leur tour la chute du régime au Yémen" nous apprend que la contestation s'est étendue au Nord du Yémen, région dominée par les chiites. Des dizaines de milliers de zaïdites ont ainsi, participé à une marche à Saada pour soutenir les protestataires qui manifestent à Sanaa, à Aden et dans d'autres villes du pays depuis le 16 février pour réclamer la chute du régime. Samedi, dans un communiqué, la rébellion chiite zaïdite avait demandé des réformes radicales, tel que le départ du président Saleh. Dans la capitale Sanaa, des milliers de personnes ont entamé un sit-in. Ils ont ensuite été rejoints par une douzaine de députés appartenant à l'opposition. Les oulémas du Yémen, suite à une réunion extraordinaire, ont quant à eux, dans un communiqué, prohibé tout recours à la force contre les manifestants. Ce sit-in intervenait au lendemain de la décision prise par l'opposition parlementaire, de rejoindre le mouvement. Jusqu'à présent, la contestation était principalement l'oeuvre des étudiants, l'opposition parlementaire préférant se dissocier de ce mouvement pour participer à des négociations avec le pouvoir. Les forces de sécurité ont érigé des postes de contrôle, mais n'ont pas dispersé les manifestants. Dimanche, pour la première fois, les manifestants n'avaient pas été inquiétés par les partisans du pouvoir, tenus à l'écart par la police. A Aden, en revanche, la police a continué à tirer sur les manifestants, faisant un nouveau mort ce qui porte à douze le nombre de morts dans cette ville. A Hodeïda, ville portuaire de la mer Rouge, trois manifestants ont été blessés suite à des heurts avec des partisans du régime. A Taez, les manifestations se poursuivaient pour la onzième journée d'affilé où des dizaines de milliers de protestataires ont érigé des tentes sur une place proche du siège de la municipalité pour y passer la nuit.
L'article "Maroc: la police disperse un sit-in avec fermeté à Rabat nous révèle que la police marocaine a dispersé sans ménagement un groupe d'une cinquantaine de manifestants qui voulaient organiser un sit-in à Rabat. Ceci a eu lieu au lendemain de manifestations qui se sont déroulées dans de nombreuses villes marocaines pour réclamer des réformes politiques.
L'article "Des opposants intègrent le gouvernement égyptien" nous apprend que des membres de l'opposition ont été intégrés au gouvernement suite à un remaniement ministériel. Les Frères Musulmans ont été exclus de celui-ci. Cette confrérie a par ailleurs, refusé toute participation au gouvernement tant que tous les ministres du président déchu ne sont pas sortis de l'équipe ministériel. Il est aussi à noter qu'aucun changement n'a eu lieu dans les ministères-clés de la Défense, de l'Intérieur et des Affaires étrangères. En effet, le maréchal Mohammad Hussein Tantaoui est ministre de la Défense depuis une vingtaine d'années. Trois hommes politiques venant de partis politiques légaux ont intégré la nouvelle équipe gouvernementale, parmi lesquels Yehia el-Gamal, proche de Mohammad el-Baradeï, Gowdat Abdel Khalek du parti Tagammou et Mounir Abdel Nour, secrétaire général du parti Wafd qui ont été nommés respectivement vice-Premier ministre, ministre de la Solidarité et de la Justice sociale et minitre du Tourisme. Abdel Nour a par ailleurs, appelé le futur président de l'Egypte à modifier la Constitution. Le ministère de l'Information a été supprimmé. Ceci s'explique notamment par le fait que les médias d'Etat ont minimisé l'ampleur de la contestation ce qui a provoqué le ressentiment des manifestants. En outre, Amr Hamzaoui, membre du "Conseil des sages", formé de personnalités indépendantes chargées de réfléchir à la transition, a été nommé ministre de la Jeunesse. Mohammad el-Saoui, qui dirige un centre culturel populaire populaire au Caire, prend le portefeuille de la Culture, et Georgette Kalini est nommée à l'Immigration. Une autre mesure a été prise par le Premier ministre Ahmad Chafik et qui consiste à rebaptiser les rues par des noms de "martyrs" tués pendant la répression de Hosni Moubarak qui a fait 300 morts. En outre, le procureur général Abdel Meguid Mahmoud a annoncé que l'Egypte a demandé le gel des avoirs à l'étranger de Hosni Moubarak et de sa famille. Par ailleurs, le Premier ministre britannique David Cameron et le sous-secrétaire d'Etat américain chargé des Affaires politiques William Burns, tous les deux en déplacement au Caire, ont apporté leur appui aux efforts de transition vers la démocratie. Ils ont en outre, souhaité la libération des détenus politiques et la levée de l'état d'urgence en vigueur depuis 30 ans que les militaires ont promis de lever lorsque les circonstances le permettront. La Haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Catherine Ashton, doit également s'entretenir aujourd'hui au Caire avec les nouveaux dirigeants du pays, qui ont suspendu la Constitution et dissout le Parlement, tout en promettant des élections libres et le retour à un pouvoir civil dans quelques mois.
Maroc: quotidien Le Matin du 21 février:
L'article "Seïf Al-Islam propose une "deuxième jamahiriya"" fait état de la proposition du fils du Guide de la révolution libyenne, Seïf Al-Islam Kadhafi, d'établir une deuxième Jamahiriya sur la base de réformes législatives globales et l'adoption d'un système de régionalisation. Par ailleurs, il a aussi annoncé que le Congrès général du peuple (Parlement) se réunirait pour la rédaction d'un nouveau Code pénal et de nouvelles lois donnant plus de libertés pour la prese et la société civile. Il a aussi proposé le lancement d'un dialogue national en vue de former une "commission pour élaborer une Constitution" et le "rétablissement du mode de gouvernance locale en Libye". Il a aussi laissé ouverte la possibilité de changer l'hymne national et le drapeau. Le fils de Mouammar Kadhafi a révélé que les bilans des violences en Libye étaient fortement exagérés par les médias étrangers. La Turquie a quant à elle, entamé l'opération de rapatriement des ressortissants turcs établis dans ce pays. Un avion de la "Turkish Airlines" a atteri samedi soir à l'aéroport international d'Istanbul en provenance de Benghazi, avec à bord un premier groupe de 90 Turcs. Un autre en provenance de Tripoli, s'est également posé dans le même aéroport. Deux avions devaient suivre dimanche. Quelques 670 Turcs vivant en Libye seront rapatriés. A l'aller, ces avions devaient transporter 1,5 tonnes de vivres et de matériels pour le personnel des missions diplomatiques turques de Benghazi. La Ligue arabe a appelé, dimanche, à cesser toute forme de violence et le recours à la force contre les manifestations pacifiques dans le monde arabe. Son secrétaire général a exprimé ses regrets suite à la mort de manifestants pacifiques. Il a aussi appelé tout le monde à privilégier le dialogue et la négociation dans le but d'atteindre la réforme, le développement et la justice sociale.
Revue de presse réalisée par Alexandre Merheb, étudiant en Master 2 de l'Institut d'Etudes Politiques d'Aix-en-Provence (IEP), stagiaire à la Fondation Méditerranéenne d'Etudes Stratégiques.
