Tunisie: quotidien Le Temps du 1er mars:
L'article Contre le système confessionnel traite de manifestations ayant eu lieu à Beyrouth, au Liban, dimanche. Des centaines de Libanais ont protesté contre le système politique basé sur des critères confessionnels et communautaires. En effet, le partage de pouvoir dans un souci de maintien des équilibres de pouvoirs entre les communautés est basé sur de tels critères. Les organisateurs des manifestations exigent un "Etat laïque, civil, démocratique, socialement juste et équitable". Ils demandent par ailleurs, une augmentation du salaire minimum, ainsi qu'une baisse du prix des denrées de base.
Dans l'article Les avoirs de Moubarak et de sa famille gelés, il est fait mention de l'interdiction faite par la justice égyptienne à Moubarak, de quitter l'Egypte. Ses avoirs en Egypte ainsi que ceux de sa femme, de ses deux fils et de leurs épouses, ont par ailleurs, été gelés. Depuis son départ du Caire, il réside à Charm El-Cheikh. Le 21 février, la justice égyptienne avait déjà demandé le gel des avoirs à l'étranger de l'ex-président et de sa famille. La famille Moubarak aurait des comptes secrets dans des banques égyptiennes, selon le journal gouvernemental Al-Ahram. En outre, de nombreuses opérations judiciaires ont été lancées contre des personnalités politiques et économiques proches de l'ancien pouvoir, en invoquant des accusations de corruption et de fraude. Par ailleurs, le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a annoncé son intention de se porter candidat à l'élection présidentielle égyptienne. En effet, l'armée a annoncé la tenue d'élections législative et présidentielle dans les prochains mois et le mandat de l'actuel secrétaire général de la Ligue arabe arrive à échéance en mai. M. Moussa est un diplomate de carrière, âgé de 74 ans. Il a été ministre des Affaires étrangères sous Hosni Moubarak de 1991 à 2001 et jouit aujourd'hui d'une très grande popularité auprès de la population égyptienne, notamment après sa prise de position au Sommet économique arabe de Charm El-Cheikh qui s'était tenu quelques jours après la fuite de l'ancien président tunisien Ben Ali où il avait appelé les dirigeants arabes à écouter les revendications de leur peuple.
L'article Tripoli et sa région, dernier carré de Kadhafi mentionne le fait que l'opposition contrôle dorénavant les principaux champs de pétrole. En effet, Mouammar Kadhafi ne contrôle plus que Tripoli et sa région. En outre, après l'ONU et les Etats-Unis, l'Union européenne a décidé d'adopter hier un embargo sur les armes contre la Libye ainsi qu'un gel de ses avoirs. En outre, Mouammar Kadhafi et vingt-cinq de ses proches sont frappés d'une interdiction de visa. La communauté internationale, dont l'Occident réfléchit à une éventuelle interdiction de l'espace aérien libyen pour empêcher les bombardements de la population par l'aviation libyenne. L'Italie et la France sont fortement favorables à une telle mesure mais selon le Premier minitre français François Fillon, cela nécessiterait une décision de l'ONU et une implication de l'OTAN. Les forces du pouvoir en place ont effectué des raids aériens sur des stocks de munitions tenus par l'opposition dans l'est du pays. En outre, le dirigeant libyen ne faiblit pas face aux pressions internationales, notamment les sanctions de l'ONU. L'Occident se prépare aussi à aider les opposants, qui ont créé un "Conseil national indépendant" qui sera chargé d'assurer la transition en Libye. La chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, a réclamé une aide humanitaire, un soutien au peuple libyen dans sa quête de démocratie ainsi que des sanctions supplémentaires pour que le pouvoir en place rende des comptes. La France va envoyer deux avions à Benghazi pour apporter une aide humanitaire, alors que le Programme alimentaire mondial a annoncé l'expédition de 80 tonnes de biscuits énergétiques. Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), M. Moreno-Ocampo, a par ailleurs, annoncé un examen préliminaire sur les violences en Libye qui constitue le préalable à une enquête pour crimes contre l'humanité. Selon le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, les violences auraient fait un millier de morts. La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a accusé le pouvoir libyen de recourir à "des mercenaires et des voyous" pour réprimer son propre peuple. Elle a aussi ajouté que la communauté internationale étudiait toutes les mesures à prendre. Par ailleurs, elle a aussi déclaré que les Etats-Unis étaients prêts à apporter tout type de soutien à l'opposition pour renverser le dictateur libyen, en appelant dans le même temps, les pays africains à empêcher que des groupes de mercenaires assistent Kadhafi dans sa répression du mouvement de contestation. Les villes libyennes sous contrôle de la rébellion ont nommé dimanche un ancien ministre de la Justice à la tête du gouvernement provisoire. Des évacuations massives d'étrangers fuyant la Libye ont aussi eu lieu. A Malte, un ferry est arrivé dimanche, transportant à son bord près de 1 800 personnes essentiellement asiatiques mais aussi des Marocains et des Egyptiens alors que 100 000 réfugiés, principalement des travailleurs tunisiens et égyptiens, avaient déjà quitté le pays. Malte a déjà accueilli plus de 8 000 étrangers. 300 personnes dont les ambassadeurs de Malte et du Portugal sont arrivées dans la soirée.
Liban: quotidien L'Orient-Le Jour du 1er mars:
L'article Les Occidentaux étudient toutes les options, y compris militaires, en Libye nous apprend que l'armée américaine était en train de déplacer des forces navales et aériennes autour de la Libye ce qui permettra aux Etats-Unis de disposer d'un large éventail de possibilités face à la crise libyenne. Néanmoins, le gouvernement américain n'a pas révélé quels types de navires ou d'avions avaient été déplacés, ni quel type d'action était envisagé. Selon la chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton, aucune action militaire des navires américains n'était prévue. Le président Obama s'est par ailleurs, entretenu avec avec le secrétaire général des Nations-Unies Ban Ki-moon. Les Etats-Unis ont aussi bloqué 30 milliards de dollars d'actifs libyens depuis les sanctions annoncées vendredi par la Maison-Blanche. La Grande-Bretagne aurait empêché le leader libyen de faire sortir de son territoire, 1 milliards d'euros en billets de banque fraîchement imprimés. De surcroît, le leader libyen a déclaré sur la chaîne américain ABC que son peuple l'adorait et qu'il mourrait pour le protéger, tout en invitant l'ONU à envoyer une mission d'information dans son pays. Il a aussi démenti avoir ordonné à l'aviation libyenne d'attaquer les manifestants, tout en reconnaissant avoir bombardé des sites militaires et des dépôts de munitions. L'Institut international de recherche pour la paix de Stockholm (SIPRI) a néanmoins indiqué hier que des vols soupçonnés de trafic d'armes avaient été repérés entre le Belarus et la Libye. L'opposition, quant à elle, a annoncé que les exportations de pétrole à partir de l'est du pays étaient sur le point de reprendre. Elles débuteront par le départ d'un bateau vers la Chine. Dans la nuit, des forces pro-gouvernementales ont tiré sur des passants dans la ville de Misrata, provoquant la mort de deux passants et faisant un blessé. A Tripoli, des postes de contrôle ont été mis en place dans et autour de la capitale par les partisans du pouvoir. Le pain et l'essence y étaient rationnés. L'est du pays, d'ici deux à trois semaines, pourrait connaître une pénurie d'aliments, de médicaments et de matériel.
L'article A Oman, les chômeurs sont à la pointe de la contestation fait état de nouveaux affrontements à Sohar qui ont éclaté hier entre les forces de l'ordre et les manifestants qui dénoncent la corruption du régime. Cela constitue la troisième journée de tension dans cette ville qui abrite des installations industrielles et une grande rafinerie. Les manifestants ont attaqué un poste de police tandis que les forces de l'ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes dans le but de les disperser. Des manifestants ont par ailleurs, bloqué l'accès routier du port de Sohar. Les protestataires ont aussi formé des "comités populaires" pour organiser le ravitaillement et la protection des manifestants. Hier, bien qu'aucune force de police n'était visible, un hélicoptère a survolé les manifestants. La veille, la police avait tiré sur la foule aux moyens de balles en caoutchouc faisant un mort et 20 blessés selon le ministre de la Santé et six morts d'après un médecin. Ces manifestations se font dans un contexte de crise sociale. En effet, l'objet de celles-ci est la demande d'amélioration des conditions d'emploi. Cependant, hier, les manifestants ont commencé à s'en prendre au régime du sultan Qabous qui est néanmoins considéré comme un souverain modéré et attentif aux revendications de son peuple. Cette contestation a commencé dès la mi-janvier avec une manifestation de 200 personnes qui demandaient des emplois et des prestations sociales. Les autorités avaient accepté d'augmenter substantiellement le salaire minimum. Dimanche, le sultan Qabous avait annoncé des mesures sociales (versement d'une allocation mensuelle de 150 rials, soit 390 dollars à tout chômeur inscrit en quête d'un emploi, la création de 50 000 emplois et la mise en place d'un conseil ministériel en charge de proposer plus de pouvoirs au conseil consultatif de 83 membres qui conseille le gouvernement sur les questions sociales et économiques. Oman est un sultanat pétrolier disposant d'une population de trois millions d'habitants, dont 20% d'étrangers, qui est relativement prospère mais dont le chômage touche principalement une jeunesse qui a été massivement scolarisée.
L'article Moubarak interdit de quitter le pays nous apprend que la "Coalition des jeunes pour la révolution", un groupe influent par le biais d'internet, a fait savoir qu'elle aurait rencontré dimanche des membres du Conseil suprême des forces armées qui est composé de vingt généraux auxquels Moubarak avait cédé le pouvoir. Cette coalition réclame le départ du gouvernement de transition d'ici un mois et son remplacement par un cabinet de technocrates indépendants et de consensus. Ils désirent aussi la mise en place d'un conseil présidentiel composé de civils et d'une personnalité militaire, la libération de tous les détenus politiques ainsi qu'une profonde réforme des services de sécurité.
Revue de presse réalisée par Alexandre Merheb, étudiant en Master 2 de l'Institut d'Etudes Politiques d'Aix-en-Provence (IEP), stagiaire à la Fondation Méditerranéenne d'Etudes Stratégiques.
