Documentation > Conflits et crises > Actualité au grand Maghreb le 9 mars: Suite de l'insurrection en Libye et difficiles débuts de la démocratie en Tunisie
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Publié le 16-03-2011. Auteur : Alexandre Merheb et Gautier Farthouat, auteurs de cette revue de presse.

 

Quotidien Le Temps du 9 mars 2011 – Tunisie

 

Tunisie :

 

« Difficile consensus politique », par Mounir Jomni. La révolution tunisienne a mis fin au système de parti unique, et le désir post-révolutionnaire de participer à la chose publique a fait apparaître une multitude de partis politiques en Tunisie. L'article questionne alors la difficulté de « faire le tri » dans cette mosaïque de partis très récents et encore peu structurés. « Quels consensus autour de la future Constitution ? ». Il serait alors envisageable de se réunir en grandes familles politiques par des alliances électorales, pour plus de visibilité et de respect des règles traditionnelles en matière de jeu politique en Tunisie.

 

 

Quotidien L'Orient-Le Jour du 9 mars 2011 – Liban

 

Libye :

 

« L'opposition refuse de négocier avec Kadhafi ». L'opposition au régime a rejeté la proposition de négociations de Kadhafi, tout en affirmant être prête à ne pas engager de poursuite pénale contre le Guide libyen s'il quittait le pouvoir dans les 72h. Sur le terrain, les combats continuent, notamment entre Ras Lanouf – aux mains des insurgés – et Ben Jawad récemment reprise par les forces gouvernementales. Au 22e jour d'insurrection, la situation humanitaire est jugée catastrophique par le Bureau de coordination des affaires humanitaires à Genève, et l'opposition demande à l'Europe « une aide économique, humanitaire et médicale ». La Chine et la Russie s'opposent déjà à toute intervention militaire qui serait proposée au Conseil de sécurité. L'idée est d'instaurer une zone d'exclusion aérienne (pour éviter tout bombardement des populations par les forces de Kadhafi), mais seulement « si la situation des civils était suffisamment grave ». Il est à rappeler que l'exclusion aérienne est un acte de guerre. Quant aux États-Unis, la Maison-Blanche n'écarte pas l'idée de fournir des armes à l'opposition. La communauté internationale semble largement avoir pris le côté des opposants au régime, et ces derniers appellent l'Union Européenne à les reconnaître comme seule autorité légitime en Libye.

 

« Derrière les lignes rebelles, discussions sans fin sur la stratégie ». Sans autorité incarnée, attendant les ordres et les informations données par les hauts-parleurs installés sur des véhicules, les insurgés peinent à s'organiser. Le ton monte derrière les lignes, la fatigue se ressent dans les comportements. Les jeunes n'ont pas d'expérience mais veulent se battre pour « la victoire ou le martyre », mais on souhaite éviter de les envoyer « au casse-pipe contre l'artillerie et les chars ». Malgré des rangs de l'opposition gonflés par des unités militaires ayant fait défection, « l'expertise militaire tarde à se traduire sur le terrain ». Mohammad el-Abidi, officier supérieur rallié aux insurgés conclut : « Ici c'est une milice, il n'y a pas moyen de les organiser ».

 

 

 

Article écrit par Alexandre Merheb (Master 2 à l'Institut d'Études Politiques d'Aix-en-Provence) et Gautier Farthouat (Institut d’Études Politiques de Lyon), stagiaires à la Fondation Méditerranéenne d'Études Stratégiques.

 

 
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