Documentation > Politique et diplomatie > Un regard sur le Golfe - 14 mars 2011
Documentation
Conférences & rdv
Liens
 
 
Source : Al Jazeera, Arab News, Gulf News, Reuters. Publié le 16-03-2011. Auteur : Marco Pasqualini.

RIYAD – Si les manifestations prévues en Arabie saoudite pour le 11 mars n'ont pas eu lieu, la situation à Bahreïn inquiète de plus en plus les autorités, qui ont demandé l'intervention des autres pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) pour gérer la situation dans la capitale Manama. Cependant, à Oman, la décision du Sultan d'accorder le pouvoir législatif au Conseil (Majlis al-Chura et Majlis Al-Dawala) apaise les manifestants.

 

ARABIE SAOUDITE

Les manifestations annoncées pour vendredi 11 mars à Riyad n'ont pas eu lieu. Un groupe de dissidents avait appelé à un "Jour de rage", où les Saoudiens étaient invités à se rassembler pour manifester après la prière du vendredi, à midi. Le Ministère de l'Intérieur avait déployé un grand nombre de forces de l'ordre, y compris des hélicoptères pour surveiller les quartiers sensibles de Riyad et Djeddah, tout en rappelant que les manifestations sont interdites dans le Royaume. Aucune manifestation n'a été signalée à Riyad le 11 mars et le gouvernement a organisé un tour de la ville pour les journalistes afin de leur montrer que tout était calme. Selon le journal saoudien Arab News, plusieurs personnes, dont des jeunes, auraient acheté des autocollants pour leurs voitures avec l'image du Roi Abdallah afin d'affirmer leur soutien au Souverain. Les commentaires de l'article décrivant le calme dans le pays ont été nombreux : ils réaffirment leur soutien au Roi et applaudissent l'absence de manifestation.

 

BAHREIN

La situation à Bahreïn s'aggrave de jour en jour. Les manifestations ne s'arrêtent pas et le gouvernement a fait appel dimanche 13 mars aux autres membres du Conseil de Coopération du Golfe pour intervenir afin d'aider au maintien de l'ordre et à la garantie du respect de la loi. L'intervention des pays voisins se limiterait à la protection des sites sensibles, tels que les implantations pétrolières, de production et de distribution d'eau et d'électricité ainsi que les banques et les sites financiers. Plus de 1 000 soldats saoudiens sont entrés à Bahreïn lundi 14 mars à travers le King Fahd Causeway – un pont qui relie l'île au territoire saoudien – et les Emirats arabes unis auraient déployé un contingent de 500 soldats. Dans un communiqué, les forces d'opposition chiites ont qualifié d'invasion l’arrivée des armées des Etats voisins. Cette incursion saoudienne dans un pays à majorité chiite, gouverné par une famille royale sunnite pourrait pousser l'Iran à intervenir. Abdulrahman bin Hamad al-Attiya, Secrétaire général du Conseil de Coopération du Golfe, a affirmé dimanche que « la sauvegarde de la sécurité et de la stabilité dans l'un des pays [du CCG] relève d'une responsabilité collective ». Le même lundi, un groupe de parlementaires a demandé au Roi de déclarer la loi martiale à cause des luttes qui opposent les sunnites aux chiites dans le pays depuis un mois.

 

OMAN

Le dimanche 13 mars, le Sultan Qaboos a promulgué un Décret royal accordant le pouvoir législatif au Conseil d'Oman. Le Conseil est composé d'une chambre élue par les Omanais (Majlis al-Chura) et d'une chambre dont les membres sont nommés par le Sultan. Cette décision historique fait partie des actions entreprises pour répondre aux demandes des Omanais qui sont engagés dans une série de manifestations pacifiques dans le pays. Les manifestants, tout au long des dernières semaines, ont toujours réaffirmé leur fidélité et leur amour pour le Sultan Qaboos.

 

KOWEIT

La police a lancé des bombes lacrymogènes pour disperser 200 manifestants, vendredi 11 mars, a Koweït City. Cette démonstration pacifique rassemblait un groupe de résidents sans papiers qui demandaient plus de droits.

 

 

Marco Pasqualini

Correspondant à Riyad, Arabie saoudite

14 mars 2011

 

 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

·