Yémen
Alors que l'hospitalisation en Arabie Saoudite du président yéménite Ali Abdallah Saleh avait été perçue comme une démission camouflée par les manifestants, il se pourrait qu’il regagne Sanaa « dans les prochains jours ». Pendant cette absence, le vice-président a signé une trêve avec le chef tribal des Hached, cheikh Sadek al-Ahmar, puissant personnage s'étant rallié à la contestation. Si le président Saleh s'accroche encore après 33 ans au pouvoir et 4 mois de contestations, il n'en reste pas moins que la question de sa succession fait débat, n'étant plus pour l'opposition le chef effectif de l’État. Barack Obama a par ailleurs demandé une « transition immédiate » du pouvoir, devant l'instabilité du Yémen.
Syrie
Le lundi 6 juin, 120 membres des forces de l'ordre dont 80 au QG de la Sécurité auraient été tués à Jisr al-Choughour, ville se situant au nord-ouest de la Syrie et où ont lieu des opérations de l'armée depuis samedi. La télévision officielle a accusé les manifestants d'avoir mutilé des cadavres et jeté des corps dans le fleuve d'Oronte. En outre, elle a déclaré que les manifestants se sont munis d'armes de moyen calibre et de grenades tout en utilisant les habitants de la ville comme boucliers humains. Une embuscade aurait fait 20 morts chez des policiers et une explosion dans un bâtiment de la Poste aurait fait huit morts du côté des forces de sécurité. Les manifestants syriens, quant à eux, déclarent que les violences seraient venues de mutineries au sein de l'armée après la mort, dimanche, de 10 manifestants tués par des snipers des services de sécurité. L'un des militants aurait déclaré que des membres du Hezbollah auraient aussi été tués. Les membres des services de sécurité présents à la Poste auraient été exécutés par des policiers après avoir refusé de tirer sur la foule. Les policiers seraient ensuite sortis et auraient tiré sur des manifestants qui venaient participer à des funérailles. Des violences auraient aussi eu lieu dans le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, au sud de Damas, la foule criant des slogans hostiles à la Syrie et aux chefs des organisations palestiniennes. Six organisations des Droits de l'Homme en Syrie dénoncent la violence exercée par le gouvernement sur les manifestants et lui demande d'arrêter ces "assassinats". Elles ont aussi demandé une commission d'enquête indépendante sur ces violences. Amnesty International a appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à sortir de sa cécité et de voter une résolution condamnant ces massacres ainsi que de porter l'affaire devant la Cour pénale internationale. Selon diverses organisations des Droits de l'Homme, plus de 1100 civils auraient été tués depuis le début de la révolte en Syrie. Cette possible condamnation de la Syrie a lieu dans un regain de violence alors même que le régime avait annoncé dimanche la création d'une commission chargée d'élaborer un projet de loi sur le multipartisme qui est une revendication majeure des opposants. En effet, le parti Baas est au pouvoir depuis 1963 et est selon la Constitution "le dirigeant de l'Etat et de la société".
Le ministre israélien de la Défense a prédit la chute du président syrien en déclarant qu'il avait perdu sa légitimité et que son destin serait le même que celui du président yéménite Ali Saleh et du dirigeant libyen Kadhafi.
Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Yukiya Amano a de nouveau accusé la Syrie d'avoir construit un réacteur nucléaire sans en informer l'Agence. Damas a toujours affirmé que cette installation était non nucléaire mais n'en a jamais fourni la preuve, refusant notamment une visite des inspecteurs de l'agence sur le site après une visite similaire ayant eu lieu en 2008. La Syrie s'est déclarée prête à coopérer mais le directeur Amano a estimé que cela n'était pas suffisant. La Russie, en revanche, souhaiterait laisser une dernière chance à la Syrie de coopérer alors même que les Etats-Unis soutenus par Londres et Paris souhaiteraient la sanctionner par le vote d'une résolution. La résolution pourrait être discutée mercredi ou jeudi. Le site visé est celui d'al-Kibar qui a été détruit par l'aviation israélienne en septembre 2007 et qui pourrait abriter un réacteur nucléaire.
Égypte
La justice du gouvernement militaire de transition continue son travail. En effet, l'ancien ministre des finances, Youssef Boutros-Ghali, a été condamné à 30 ans de prison pour corruption, détournement et abus de fonds publics. Recherché par Interpol, Boutros-Ghali aurait quitté l'Egypte depuis la chute de Moubarak en février.
Selon plusieurs sondages de Gallup et International Republican Institute, réalisés entre fin mars et mi-avril, les Égyptiens sont relativement optimistes pour l'avenir de leur pays. La confiance est revenue en ce qui concerne la liberté des médias (à 79%), l'honnêteté et la transparences du monde politique et des élections à venir (à 90%). L'enthousiasme s'effondre concernant la situation économique et sociale. Avec plus de 80% de la population trouvant la situation « très mauvaise » ou « mauvaise », presque la moitié des Égyptiens peinent à nourrir leur famille. L'insécurité est également perçue de façon étonnamment forte avec l'absence de la police dans les rues. Tous ces chiffres risquent d'influencer considérablement les élections législatives prévues en septembre prochain.
Libye
Statu quo territorial en Libye. Ni les forces du Conseil National de Transition (CNT), ni les loyalistes ne gagnent de terrain. Ces derniers, considérablement affaiblis par plusieurs semaines d'intervention de l'OTAN, parviennent à maintenir leurs positions face à une rébellion en période de formation et d’organisation militaire et politique. La France et le Royaume-Uni se rapprochent du sol libyen puisqu'ils ont déployé des hélicoptères dont la première offensive s'est déroulée dans la nuit du 3 au 4 juin, détruisant 15 véhicules sur un site militaire de la région de Brega. Le CNT gagne également le combat diplomatique en se rapprochant de la Russie et de la Chine.
