Liban:
Le lundi 18 juillet a eu lieu la libération des sept otages estoniens enlevés le 23 mars dernier.
Sur la scène politique, une voix pour l’unité a émergé. L’ouléma Ali Fadallah a appelé à la sauvegarde de l’unité nationale en rappelant le 24 juillet que « les sunnites ne sont pas le problème des chiites, de même que les chiites ne sont pas le problème des sunnites. Le seul ennemi des sunnites, des chiites et de tous les Libanais est Israël. » Cela fait écho aux vives tensions qui divisent le pays, et notamment le Tribunal Spécial pour le Liban (TSL). Le Secrétaire général du Courant du Futur Ahmad Hariri (opposition) a rappelé que l’unique problème du Liban était les armes [du Hezbollah] et le danger qu’elles faisaient peser sur la justice internationale. Cette déclaration a lieu dans un contexte de vives oppositions car Saad Hariri a dénoncé le 25 juillet, l’orchestration d’une « campagne de diffamation médiatique » menée par le Hezbollah.
Carlos Eddé, leader du Parti Bloc National a pris position contre les polémiques foncières ayant lieu dans la région de Jbeil. Ces polémiques concernent les cessions ou les revendications foncières communautaires. Vis-à-vis du régime libanais dit « confessionalisé » les revendications de terrains de la part du Hezbollah dans des localités à majorité maronites sont des foyers de tensions.
Enfin, le Hezbollah a fait savoir que dans l’affaire des frontières maritimes avec Israël, il s’engageait à « défendre le Liban contre toute violation » de son territoire. Le chef du Courant patriotique Libre, le général Michel Aoun a par ailleurs souligné le 24 juillet que « l'avenir du Liban est intimement lié à la pérennité de la résistance face à Israël ».
Syrie:
Le gouvernement a annoncé le 25 juillet son intention de s’ouvrir au multipartisme dans un projet loi qui reconnaît le droit aux formations politiques autres que le Baath de participer aux élections.
Par ailleurs, le 24 juillet, la ville de Homs a été quadrillée alors que des centaines manifestants ont été arrêtés d’après une organisation locale des droits de l’Homme. Des militaires ont ainsi été postés dans les quartiers sensibles et les mosquées. Ainsi les manifestions ont amené un million de personnes dans la rue ce vendredi 22 juillet. Les manifestations ne s’essoufflent pas malgré la répression. L’AFP faisait état, le 19 juillet, de 50 morts en quatre jours de violence à Homs. Le 22 juillet, Paris a dénoncé la "fuite en avant sans issue". "L'armée et les autres forces de sécurité doivent savoir qu'elles devront rendre compte de leurs actes", a déclaré à la presse le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero.
Libye:
L'étau continue de se resserrer en Libye. La ville de Brega serait encerclée par les rebelles, mais les mines -environ 45 000- et les forces loyalistes restantes constituent une menace. En effet, les forces kadhafistes menacent de faire exploser les installations pétrolières. Les rebelles veulent à tout prix éviter d'endommager cet important centre pétrolier qui pourrait s'avérer crucial dans la suite des opérations. Les combats continuent à Misrata, devenue une ville martyre depuis le début de la campagne libyenne. La ville clé de Zlitan, sur la route de Tripoli, connaît aussi d'importants combats. Les opérations de la coalition ont quelque peu ralenti, selon le blog Opex 360 « le nombre de sorties aériennes dans la semaine du 14 au 21 juillet est passé de 260 à 150. Cela s’explique par le non-emploi (selon le compte-rendu de l’Etat-major) du groupe aéromobile de l’ALAT, embarqué maintenant à bord du BPC Mistral et surtout par le fait que le porte-avions Charles de Gaulle a fait relâche à La Sude, que les Mirage 2000-5 de l’armée de l’Air, qui y étaient jusque là déployés, ont quittée pour rentrer en France. »
L'Allemagne continue son effort diplomatique en accordant un prêt pouvant aller jusqu'à 100 millions d'euros. Cet argent doit uniquement servir dans le cadre d'une aide civile et humanitaire. Le 20 juillet, des représentants du CNT ont rencontré Nicolas Sarkozy. La discussion portait sur une plus grande coopération avec l'OTAN et sur un appui par la France de leur demande d'armes aux autres nations arabes. Concernant le départ de Kadhafi, la diplomatie française par la voix d'Alain Juppé a déclaré que "l'une des hypothèses envisagées, c'est qu'il séjourne en Libye, mais à une condition, c'est que très clairement il se mette à l'écart de la vie politique libyenne. C'est ce que nous attendons avant de déclencher le processus politique du cessez-le-feu".
Turquie:
Les relations diplomatiques avec Israël restent tendues suite aux annonces de la construction de 300 nouveaux logements en Cisjordanie et au report des conclusions de l'enquête sur l'attaque du Mavi Marmara ayant couté la vie à 9 ressortissants turques. Concernant la construction des 300 logements en Cisjordanie, le Ministre des Affaires étrangères turc a déclaré que « les actions illégales d'Israël en territoires occupés sont inacceptables ». Selon Hürryiet Daily News, cette déclaration reflète la détérioration des relations israelo-turques. L'attaque de la flottille en Mai 2010 avait porté un coup sévère aux relations entre les deux pays. Le report des conclusions concernant cette attaque est vécue par la diplomatie turque comme l'aveu de futures excuses publiques. Israël ne peut, en effet, se passer d'un partenaire de l'importance de la Turquie dans la région. La formulation d'excuses publiques divise au sein du gouvernement et de l'opinion publique israëlienne. Ce laps de temps supplémentaire pourrait permettre de mieux gérer les conséquences d'une telle action au sein du gouvernement et de la société israélienne.
Le 18 juillet, une attaque du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan) a provoqué la mort de treize soldats turcs et blessé sept autres soldats dont deux grièvement. 7 membres du PKK ont été tués durant ces combats qui se sont déroulés dans une région montagneuses, près de la ville de Silvan, dans la province de Diyarbakir, réputée pour être un bastion du PKK. Selon le quotidien Turquie-News , « ces combats sont les plus meurtriers pour l’armée turque depuis la mort en octobre 2008 de 17 soldats dans l’attaque d’un poste militaire par les rebelles près de la frontière irakienne. ». De son côté, le parti pro-kurde BDP a condamné ces morts, tout en soulignant le manque de volonté politique pour régler la question kurde. Ces événements ne vont certainement pas participer à l'instauration d'un dialogue entre les autonomistes kurdes et Ankara.
Israël:
Un des navires français de la flottille internationale- Dignité-Al Kamara- a quitté la Grèce le 17 juillet 2011 en direction de Gaza. Les autres navires sont restés au port sur ordre des autorités grecques afin « d’assurer la sécurité des militants. » Ainsi, sur les 300 activistes de 22 pays différents, seuls les 17 passagers du Dignité-Al Kamara ont pu quitter la Grèce. Pour les organisateurs de la flottille, il s’agit « d’un revers pour le gouvernement israélien, qui par la force ou les pressions, cherche à perpétuer un blocus illégal et criminel et à faire taire les mouvements des sociétés civiles du monde entier ». Les autorités israéliennes sont décidées à empêcher le navire d’arriver à bon port.
Le Dignité-Al-Kamara a été intercepté, le mardi 19 juillet, par les commandos de la marine israélienne. Le gouvernement du Hamas a dénoncé l’intervention des autorités israéliennes la qualifiant de « loi de la jungle ». Les organisateurs de la flottille ont déploré le caractère « disproportionné » de l’intervention israélienne.
Alain Juppé, chef de la diplomatie française, suite au départ du navire pour Gaza « avait appelé Israël à la mesure » tout en rappelant que la provocation des passagers du Dignité Al-Kamara « n’était pas opportune ».
Benyamin Netanyahou a déclaré qu’il était prêt à engager « immédiatement » des pourparlers de paix avec les Palestiniens. Alors que « tout est sur la table », le premier ministre israélien accuse les Palestiniens de mettre un frein aux discussions de paix. Les négociations ont repris en septembre sous la pression américaine. Se heurtant au refus d’Israël d’accorder un moratoire partiel de dix mois sur la construction dans les colonies juives, l’Autorité palestinienne a mis un terme aux négociations. Le gel total de la colonisation est une condition sine qua non pour les Palestiniens. De plus, l’accord de réconciliation entre le parti de Mahmoud Abbas et le Hamas accentue la crise. Selon Benyamin Netanyahou, « cela ne laisse pas beaucoup de place à la discussion ».
Tunisie:
Suite à la découverte de sommes importantes d’argent, de bijoux, d’armes et de stupéfiants dans les palais présidentiels, l’ex-président tunisien et son épouse, accusés de détournement de fonds publics, ont écopé de 45 millions d’euros d’amende et ont été condamnés par le Tribunal de première instance de Tunis à 35 ans d’emprisonnement. Une première en Tunisie. 93 autres actions judiciaires vont être intentées en Tunisie contre Ben Ali et son entourage.
Fait nouveau dans l’histoire judiciaire tunisienne, les journalistes tunisiens et étrangers ont été autorisés à installer leurs caméras dans la salle d’audience.
L’avocat du président déchu qualifie de « plaisanterie » le jugement rendu par le Tribunal car « il viole les principes d’équité du procès et du jugement ». L’avocat de Ben Ali a conseillé à son client d’aller en Europe, car « cela lui octroiera l’immunité contre toute demande d’extradition ».
Ben Ali réfute les accusations portées contre lui, les qualifiant de « mensonges honteux ». Selon lui, son procès servirait « à détourner l’attention » des véritables difficultés rencontrées par le pays. Réfugiés en Arabie Saoudite depuis le 14 janvier, l’ancien Président et sa femme ont été condamnés par contumace, ce qu’ont déploré de nombreux Tunisiens. « Fumisterie » pour le journaliste Taoufik Ben Brik, ayant une « portée psychologique et politique » pour Slah Jourchi, la tenue du procès ne fait pas l’unanimité. Ce procès et les procès à venir ont pour but de faire la lumière sur les agissements du Président durant son « règne ».
Carole Kerduel, Thibault Laurin, étudiants à Sciences Po Lyon et Bastien Belleil, étudiant à Sciences Po Rennes
